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Internet nuit-il à votre cerveau et votre mémoire ?

Internet détruit-il notre mémoire ?
Internet détruit-il notre mémoire ?
Nous avons tous entendu des gens autour de nous - et peut-être vous d'ailleurs ? - se plaindre de l'effet négatif des nouvelles technologies sur notre mémoire : "Avant, je mémorisais les numéros de téléphone" ou "Avec Internet on ne fait plus d'effort".
Alors ? Internet détruit-il notre mémoire ?
Il faut d'abord bien distinguer les différentes formes de mémoires. Potentiellement, l'art de la mémorisation repose sur une capacité : celle de retrouver les informations, de les localiser. Votre mémoire, au XXIème siècle n'est plus seulement biologique. Elle se partage entre votre mémoire propre, mais aussi tous les endroits où vous stockez des informations : vos placards, vos notes, vos différents dossiers dans votre ordinateur. Tout l'enjeu étant de se rappeler où vous mettez vos affaires, où vous rangez les informations.

Une saturation probable de la mémoire de travail

La vraie problématique, sans doute, c'est que notre cerveau, peut être victime de saturation au quotidien. Car cette masse d'informations à laquelle nous avons accès chaque jour, notamment via Internet, il faut bien évidemment la traiter. Et ça demande de la ressource, des efforts. Conjuguez ces efforts avec tout ce que nous gérons déjà au quotidien : on peut imaginer que tous, nous tirons pas mal sur la corde.

Les points positifs d'Internet

Commençons par le positif. Tous les scientifiques s'accordent à dire que depuis Internet, nos connexions cérébrales ont changé. Ce qui est normal : tout apprentissage nouveau modifie la structure neuronale. Il y a près de 5 milliards de pages web à l'heure où j'écris ces lignes. Ce qui est énorme. Et la différence entre ces pages numériques et celles d'un livre, c'est l'interactivité. Celle qui nous pousse à cliquer, à en savoir plus.
Cette pratique nous permet de développer une zone précise du cerveau : le cortex préfrontal. Une zone notamment impliquée dans la prise de décision. Ce qui est évident. Donc, surfer entraîne la prise de décision.
Ensuite, soyons honnête : depuis Internet, jamais il n'a été aussi facile de s'informer, voire de se former... Et favorise une mémoire transactive. Avec certains travers : il faut faire preuve d'esprit critique et souvent recouper les informations pour savoir si ces dernières sont valables ou pas. Et ça c'est intéressant : on pourrait imaginer qu'Internet amoindri notre esprit critique : c'est peut-être justement l'inverse. Au tout début, lorsque les informations étaient issues de quelques sources souvent discutables, c'était sans doute le cas. Mais ne faisons-nous tous pas la même chose quand on tombe sur de nouvelles notions ? Ne cliquons-nous pas sur des vidéos ou articles sur "le même sujet" ?
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Les points négatifs d'Internet

Clairement, tout n'est pas rose au pays du tout web. Si vous avez des enfants, vous avez très certainement remarqué que leur capacité d'attention était fragile. Cette difficulté à maintenir une persistance cognitive nuit notamment à l'apprentissage. Car tout apprentissage nécessite de la concentration sur un temps minimum.
Dans une étude faite sur des élèves de CM2, des chercheurs ont remarqué que ces derniers, dans leur quête de recherche sur Internet, à force de cliquer sur les différents liens, oubliaient la première raison de leur recherche ! Ils s'en éloignaient tellement qu'ils créaient des interférences. Suffisamment en tout cas pour saturer leur mémoire de travail et provoquer l'oubli "immédiat".
Et le danger est là : si nous saturons notre mémoire de travail au quotidien, les répercussions peuvent être multiples :
  • fatigue cognitive qui peut favoriser un burn out
  • mauvaises habitudes qui nous empêchent de traiter les informations en profondeur
  • difficulté à réfléchir
  • problème d'organisation des idées...
Pour rappel, le rôle de votre mémoire de travail est celui de filtrer les informations afin de les traiter efficacement avant de les transmettre dans une mémoire à plus long terme. Et cette mémoire est fragile, temporaire, limitée : si vous la saturez, vous perdez en route des tas de données.

Alors ? Internet ? Ennemi de notre mémoire ?

Il est sans doute trop tôt pour conclure si oui ou non Internet et les nouvelles technologies impactent négativement notre mémoire. Jamais une telle révolution ne s'étaient installée aussi vite et avec un tel impact. Cependant, ce qui est certain, c'est que l'usage du Web modifie notre cerveau. Et que, naturellement, nous nous adaptons.
Peut-être que l'avenir de la mémoire n'est plus dans le stockage des informations, mais dans la capacité de localiser les données. Ce qu'avaient, dans une certaine mesure, deviné les Anciens dans l'Antiquité avec la méthode des lieux.
Peut-être aussi que tout contribue à développer notre capacité de raisonnement : en accédant en quelques clics à toutes ces informations, on peut imaginer que notre mémoire sémantique, celle du sens, est plus sollicitée qu'avant. Et que, de façon implicite, on mémorise des concepts.
Ou peut-être que, tout simplement, on se dirige de plus en plus vers des mémoires spécialisées où chacun d'entre nous détiendrait une parcelle de vérité. Le reste serait accessible dans une mémoire commune : Internet.

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Vos réactions (2)

Bonjour Vincent,
Sujet un peu rapide mais intéressant. Il avait aussi été traité il y a quelques années par Alain LIEURY avant de quitter ce monde. Son sujet, était "Google fait-il perdre la mémoire"? et partait d'une critique de "l'effet Google" selon Betsy Sparrow. Il était mitigé et rappelait que la grande enquête de l'Education Nationale portant sur 27.000 élèves avait montré que la recherche sur Internet avait boosté les résultats à certains tests de mémorisation, notamment les tests de mémorisation de connaissances. Est-ce qu tu t'inscris en faux contre ces résultats ou la dispersion notée dans l'étude à laquelle tu fais référence coexiste-t-elle paradoxalement avec le boost mis en évidence par l'enquête de la DEPP?
Cordialement
André

par André PICARD , il y a 10 mois

Hello André,
En fait les études se suivent et ne se ressemblent pas toujours :) Sur l'article je reste nuancé, et attentif à l'évolution. Mon avis personnel est que le web est plutôt positif : tout est question de comportement face à l'outil. Quelqu'un qui passe son temps à consommer des trucs sans intérêt ne va sans doute pas favoriser sa mémoire. Quelqu'un qui s'intéresse, fait des liens, a une certaine logique dans sa façon de naviguer, à mon avis, profite largement de cet outil incroyable qu'est Internet :) Du bon sens, non ?

par Vincent Delourmel , il y a 10 mois

Je suis d’accord que c'est une question de psychologie. L'étude de la DEPP avait l'avantage de porter sur pas loin de 30.000 élèves. Et, naturellement, parmi eux, il y avait fatalement des consommateurs fous et des chercheurs d’information avisés. Mais dans la même proportion que dans la population totale coopte tenu de la taille de l'échantillon. On peut donc en conclure que, globalement, la recherche sur Internet a des effets positifs. Et comme le résultat des tests est donné sur la plan statistique, si un test est amélioré de 25% pour ceux qui les consultent, cela veut probablemetn dire bien plsu de 25 % plus qu'indiqué su

par André PICARD , il y a 10 mois

Mauvaise manip... Je continue: "cela veut probablement dire que les chercheurs avisés ont obtenu bien plus que 25 % d'amélioration moyenne à ces test et que les chercheurs fous ont obtenu bien moins, voire ont eu un résultat inférieur. De même que, lorsque l'on sait ce que l'on cherche, on se met le cerveau en attente de réponse, ce qui favorise la captation efficace de l’information. Alors que le "roaming" pour passer le temps n'a pas cette vertu. Donc oui, c'est du bon sens

par André PICARD , il y a 10 mois

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