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Mémoire de travail

Les plaintes mnésiques ou les problèmes de mémoire

Les problèmes de mémoire font peur
Les problèmes de mémoire font peur
Dans les formations et conférences que j'anime, une question brûle les lèvres de certains participants : "est-ce que je suis atteint d'Alzheimer ?" Soyons clair : je ne suis ni médecin, ni neurologue et encore moins voyant : les cours et les méthodes que j'enseigne et que je diffuse n'ont aucune portée thérapeutique. Pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas à ce jour de traitement pour soigner la maladie d'Alzheimer. Mon rôle est de diffuser, vulgariser, mettre à disposition du grand public des données souvent abstraites. Afin de les rendre pratiques. Cela implique bien évidemment d'être informé et même formé. Mais en aucun cas une méthode pour la mémoire, quelle qu'elle soit, ne pourra être la solution face à des maladies neurodégénératives de type Alzheimer. Tout ce que je peux faire, c'est bien évidemment vous expliquer ce qu'est cette maladie et, le cas échéant, vous orienter vers un spécialiste qui sera plus à même de répondre à toutes les questions que vous vous posez.

Le vrai rôle de votre mémoire au quotidien

Un élément important que vous devez comprendre par rapport à la mémoire, c'est que son rôle principal est avant tout de vivre l'instant présent. Vous avez, pour simplifier, deux types de mémoire. La première est une mémoire à court terme qu'on appelle mémoire de travail. Son rôle, comme son nom l'indique, sert à travailler. C'est une mémoire dite immédiate : elle traite les informations dans l'instant. L'autre forme de mémoire est la mémoire dite à long terme dans laquelle sont stockés vos souvenirs permanents. On l'appelle aussi mémoire implicite : c'est la mémoire du par cœur. C'est une mémoire automatique.
On confond souvent ces deux formes de mémoire. Elles sont complémentaires mais ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon. Retenez surtout que le rôle premier de votre mémoire est de vivre le moment présent. Et que pour ça, elle implique sa mémoire de travail. Le problème, c'est que cette forme de mémoire est limitée en quantité d'informations et en durée de rétention.  Et cette mémoire que vous utilisez continuellement au quotidien, elle a du mal à gérer plus de 6 ou 7 informations en même temps et de toute façon plus de quelques secondes. On parle alors d'empan mnésique : c'est la moyenne naturelle de l'être humain à traiter les informations en temps réel. On dit que l'empan mnésique est de 7 environ.
Réellement, on dit que l'empan mnésique se situe de 4 à 11 informations suivant la difficulté des informations. Si je devais simplifier le fonctionnement de la mémoire, je vous dirais ceci : au quotidien, votre mémoire de travail traite les informations du moment pour les comparer avec les informations stockées dans la mémoire à long terme. Ainsi, dès lors qu'elle reconnaît des informations, elle les traite plus facilement et plus rapidement. Par contre dès que c'est nouveau ou compliqué, elle les traite plus difficilement et les retient moins bien.
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Votre mémoire : votre faculté pour plus d'efficacité

Qu'est-ce qui conditionne votre efficacité au quotidien ? C'est votre capacité à puiser dans votre mémoire à long terme et à réactiver rapidement des notions, des informations, des pratiques. Par exemple, quand vous conduisez vous êtes efficace : pendant que votre mémoire de travail traite l'environnement et compare cet environnement avec vos connaissances stockées dans votre mémoire à long terme, comme par exemple un feu rouge, votre mémoire à long terme, qui est automatique, vous permet d'appuyer sur les pédales, tourner le volant, passer les vitesses.
Mais rappelez-vous au tout début quand vous avez appris à conduire : vous n'étiez qu'en mode conscient : vous étiez attentif à tout : l'environnement, mais aussi le poste de conduite. Vous regardiez peut être vos pieds pour freiner, ou le levier de vitesses. Vous divisiez votre attention et forcément, vous n'étiez pas efficace. C'est par la pratique que vous avez automatisé certaines tâches.
Alors à votre avis, qu'est-ce qui explique qu'avec le temps on a le sentiment que notre mémoire se détériore ? Je peux déjà vous affirmer une chose : si vous lisez ces écrits, c'est que sans doute vous avez une mémoire tout à fait correcte. Car lire est une action de mémoire. Vous n'en avez pas forcément conscience, mais depuis votre naissance vous ne faites que des actions de mémoire, des actions souvent très complexes.

A propos de l'âge

L'âge n'est pas la seule explication au déclin cognitif
L'âge n'est pas la seule explication au déclin cognitif
Beaucoup de personnes pensent que l'âge est une cause majeure des problèmes de mémoire. Alors c'est vrai que le temps joue contre nos capacités, mais peut-être pas autant qu'on peut le penser. D'ailleurs des tests ont été fait : on a mis en concurrence des jeunes de 20 ans environ avec des retraités. On leur a demandé de mémoriser une poésie en 15 minutes environ. Lorsqu'on demandait aux uns et aux autres de restituer la poésie, les jeunes de 20 ans battaient à plate couture les plus âgés.
On a refait le test : on a demandé aux deux groupes de refaire le même travail mais en prenant le temps qu'ils voulaient. Les plus jeunes mémorisaient plus vite la poésie que les retraités. Mais lorsqu'on demandait aux deux groupes de restituer, la capacité de rappel était similaire. Ce qui signifie qu'avec l'âge il faut plus de temps pour se concentrer, pour retenir, mettre en place des stratégies.
Et ça s'explique, en partie c'est vrai, par le poids des années, car on perd en effet des capacités physiques mais aussi cérébrales. Mais surtout, ce qui fait la différence c'est le manque de pratique et d'entraînement. L'un des grands ennemis de la mémoire, c'est la routine. Dès lors que vous êtes sorti du système scolaire, vous avez arrêté de pratiquer, d'apprendre de façon variée. Vous vous êtes spécialisé, vous êtes devenu bon dans votre domaine. Mais vous avez arrêté de vous intéresser aux langues étrangères, à l'histoire géo, aux sciences naturelles etc.
Et du coup, vous avez perdu les habitudes et les stratégies liées. Votre mémoire est toujours là, elle s'occupe de vous faciliter la vie au présent, mais vous avez cependant la sensation que c'est plus difficile, que vous oubliez plus vite : c'est ce qu'on appelle la plainte mnésique. Votre mémoire devient un peu fainéante : elle n'est plus entraînée.

Stimuler la mémoire au quotidien ?

Alors oui, il faut savoir stimuler la mémoire des malades : c'est à ça que servent les centres spécialisés, les associations. Mais encore une fois, si on parle de la maladie d'Alzheimer, il faut bien comprendre que c'est une pathologie très complexe qui ne peut se résumer à la simple perte de la mémoire.
Mais au fait, c'est quoi au juste la maladie d'Alzheimer ? Pour répondre à cette question, j'ai déniché une vidéo très intéressante sur Internet :

L'impact des études sur les troubles et pathologies de la mémoire

Faire de longues études serait un moyen de contrecarrer Alzheimer selon les scientifiques. Pour avancer ce résultat, ces derniers ont analysé le cerveau de 872 personnes âgées qui ont participé à des enquêtes sur la problématique du vieillissement plusieurs années avant leurs décès. L'équipe anglo-finlandaise conclut que quel que soit le niveau d'études, les lésions caractéristiques de la maladie d'Alzheimer sont similaires. Les personnes ayant suivi de longues études n'ont pas moins de lésions. Cependant, la plupart des individus ayant eu une longue scolarité n'ont pas souffert de la maladie d'Alzheimer de leur vivant tandis que ceux dont la scolarité était courte ont été plus touchés par cette maladie.
Apprendre toute sa vie est le meilleur moyen de conserver ses capacités cognitives
Apprendre toute sa vie est le meilleur moyen de conserver ses capacités cognitives
 Selon Le Figaro, l'étude Paquid[1] réalisée en France sous la direction du Pr Jean-François Dartigues, neurologue au CHU de Bordeaux, avait déjà apporté des conclusions similaires, de même que l'étude américaine Nun Study.Citant les conclusions du Pr Dartigues, le quotidien indique ainsi: "ce n'est pas l'importance de l'activité intellectuelle au cours de sa vie qui paraît avoir un effet protecteur, mais bien le niveau d'études, les capacités intellectuelles accumulées avant 25 ans". La constatation scientifique n'est certes pas nouvelle. Cependant, l'équipe anglo-finlandaise a réussi à prouver que les capacités intellectuelles acquises avant 25 ans aident à préserver les fonctions cognitives en vieillissant, malgré l'apparition inévitable de lésions cérébrales, quel que soit le niveau d'études."Nos résultats montrent qu'avoir fait des études peut aider les personnes âgées à gérer sur le plan clinique les lésions dégénératives du cerveau", explique un des auteurs de l'étude, Hannah Keage de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni), citée par Le Figaro.
Pour en arriver là , il leur a fallu étudier le cas de 872 personnes ayant répondu avant leur décès à des enquêtes sur la problématique du vieillissement. Des données approfondies sur leur niveau d'études, d'éducation, leur milieu socioculturel avaient alors été recueillies, puis comparés à leur état de santé et à leurs éventuels troubles de la mémoire ou diagnostics de démence, après autopsie de leur cerveau. Des études préalables par le Pr Jean-François Dartigues, neurologue au CHU de Bordeaux, étaient déjà parvenues à des conclusions similaires, souligne Le Figaro. "Le niveau d'études confère des capacités de réserves cognitives très importantes, par le biais notamment du réseau de connexions neuronales et de la taille des neurones". Il pourrait même "retarder l'apparition de la maladie d'Alzheimer de "sept à dix ans", avance le neurologue."Lorsque l'on a pas été à l'école, on a deux fois plus de risques que lorsque l'on y a été. L'école influencerait le développement des synapses cérébrales et la taille et le nombre de neurones. La profession jouerait un rôle moindre", selon Jean-François Dartigues.
 Il n'existe actuellement aucun traitement pour combattre cette maladie qui concerne plus de 800.000 personnes en France.Tout récemment, des guérilleros colombiens ont accepté d'apprendre à lire. L'examen par IRM de leur cerveau a permis de voir que ce simple apprentissage avait développé leur matière grise. Pour se protéger, rien de tel qu'une passion, peinture, musique¦ "Il faut développer des liens sociaux, note le Pr Dartigues. Lire et discuter de ses lectures avec son entourage". Apprendre, tout simplement.

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Notes :

[1] Voir le site www.bdsp.ehesp.fr/Base/126027/ au sujet du projet Paquid

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