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Budapest, une ville d'histoire... et de mémoire

Vue sur la partie Pest de Budapest
Vue sur la partie Pest de Budapest
C'est pour une intervention sur place que je me suis rendu en Hongrie. On confond souvent Budapest avec Bucarest (Roumanie). Ou la Hongrie avec la Bulgarie. Ou un peu tout ça à la fois. Le fait est que ces pays d'Europe Centrale, ou de l'Est sont souvent des joyaux d'architecture, emplis d'histoire. Budapest n'est-elle pas considérée comme "la perle du Danube" ?
Parlons du Danube justement : le second fleuve le plus grand d'Europe après la Volga. Il prend sa source en Allemagne, dans la forêt noire. Traverse 10 pays. Il sépare Budapest en deux. Un fleuve magnifique, enjambé par des ponts emblématiques comme le Chain Bridge, tout premier pont permanent reliant Buda à Pest dès 1849. Oui parce que Budapest, en fait, c'est la fusion de 2 villes et d'un bourg : Buda, la partie verte, vallonnée (certains diront montagneuse mais n'exagérons rien), familiale, et Pest où se regroupent les endroits branchés, le centre ville économique, la vie étudiante. Un endroit toujours vert mais plus minéral.  Un petit bourg, Obuda, rejoint ces deux villes en 1873 pour former Budapest, l'actuelle capitale de la Hongrie.

Un peu d'histoire Hongroise

L'Europe en 1092
L'Europe en 1092
CC BY-SA 3.0, source
Lourd passé que celui de la Hongrie. C'est au tout début des années 1000 que le premier Roi de Hongrie se fait couronner. Il s'appelle Istvan, il est catholique et c'est à partir de ce moment que le royaume de Hongrie se développe. 
Cette région de l'Europe est le théâtre de nombreuses invasions : les Tatares au 13ème siècle, puis les Turcs au 16ème. Une occupation qui perdurera jusqu'à la fin du 17ème siècle avec l'arrivée des Habsbourg au pouvoir.
 En 1867, l'Autriche et la Hongrie se réunissent pour former l'Autriche-Hongrie sous l'autorité de François Joseph Ier qui sera dès lors roi de Hongrie et empereur d'Autriche. Cet état durera jusqu'en 1918, date cruciale pour comprendre la Hongrie actuelle.

Du Traité de Versailles au Traité de Trianon

A la fin de la Première Guerre Mondiale, l'Allemagne, battue, tombe sous le coup du Traité de Versailles. Un des articles fondamentaux, le 231 désigne l'Allemagne et ses alliés (dont l'Autriche Hongrie) seuls responsables des dommages de la guerre. L'Allemagne est ainsi amputée de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population au profit de pays voisins (France, Danemark, Belgique etc).  C'est aussi la fin de l'Empire Austro-Hongrois et la séparation des deux états. Le 16 novembre, la République Hongroise est proclamée.

Un pays amputé des 2/3 de son territoire !

Suite au traité de Trianon, la Hongrie perd les 2/3 de son territoire
Suite au traité de Trianon, la Hongrie perd les 2/3 de son territoire
Par Spiridon Ion Cepleanu (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0 (source)], via Wikimedia Commons
En 1920 le traité de Trianon a pour conséquence de faire passer 3,3 millions de Hongrois sous domination étrangère : Yougoslvavie, Tchécoslovaquie et Roumanie. La Hongrie passe d'une superficie de de 325 000 km² à 93 000 km². Et perd au passage :
  • Son accès à la mer (l'actuelle Croatie)
  • Ses mines d'or
  • Ses mines d'argent
  • Ses mines de cuivre
  • Ses mines de sel
  • De nombreuses usines
  • 60% de ses forêts
Sans rentrer dans les détails (vous retrouverez l'histoire de la Hongrie sur Wikipedia), l'actuelle Hongrie est donc un pays riche d'un lourd passé où des tas de conflits, guerres et occupations l'ont complètement façonné. Aussi bien visuellement que culturellement. Si, en 2017, une ville comme Budapest est typiquement européenne, on peut ressentir ici où là quelques rancœurs de ce démantèlement qui a fait d'un territoire influent, riche, un petit pays où des tas de Hongrois se trouvent dispersés dans des régions limitrophes. Ainsi, un pourcentage non négligeable d'habitants slovaques et roumains se disent être d'abord hongrois.

Quelques jours à Budapest

J'ai cette chance incroyable de voyager pour enseigner ma passion pour l'art de la mémoire partout dans le monde. Et ça tombe bien car le voyage favorise votre mémoire. C'était cette fois à Budapest que je ne connaissais absolument pas. On a toujours tendance à vouloir voyager loin et "au soleil" pour se dépayser. On oublie qu'à 2h00 d'avion de Paris, des pays comme la Hongrie restent des destinations à privilégier. Pour plusieurs raisons :
  • ce sont des pays chargés d'histoire : vous avez largement de quoi vous occuper
  • on y mange bien
  • on y boit bien (ils produisent des vins)
  • c'est moins cher qu'en France
  • et vous vous sentez un peu comme chez vous.
C'est vrai : pour un français, c'est plutôt facile de s'acclimater à Budapest. Une ville plutôt verte, zen et franchement en avance au niveau "nouvelles technologies". Par exemple, dès mon arrivée à l'aéroport, j'ai réservé un taxi très simplement : vous vous rendez au guichet. Vous annoncez (en anglais, même approximatif) votre destination et là on vous donne un numéro de taxi. Qui arrive quelques secondes plus tard vous récupérer. Et vous n'avez plusrien à faire : les infos du voyage ont été transmises directement au chauffeur qui vous emmène à votre hôtel.

Une visite à pied s'impose

Personnellement, quand je veux découvrir une ville, je fais tout à pied (ou presque). Ou du moins je voyage d'un quartier à l'autre en métro, tram ou autre et de là je rayonne à pied. A Budapest, c'est assez facile : vous avez d'un côté Buda, plutôt résidentiel avec le Palais, le Bastion des Pêcheurs etc et de l'autre côté du Danube la partie Pest avec les administrations, les lieux branchés, des tas de monuments comme le Parlement Hongrois. J'ai ainsi, en 4h00 environ, pu faire une première boucle du centre ville et découvrir des endroits très sympa.

Parcs, bains, monuments, musées : il y en a pour tous les goûts !

En général, ce qu'il ne faut pas rater à Budapest, ce sont les bains : des sources thermales naturelles pour faire trempette même en hiver (car certains bains sont en extérieur). J'avais tout prévu : slip de bain, serviette... et j'ai dû renoncer car pour bien faire il faudrait y passer un minimum de temps. Et, très honnêtement, il y avait un peu trop de monde De mon point de vue, ça faisait un piège à touriste et j'ai préféré passer du temps à faire d'autres choses. Après tout, je suis breton : je vais tremper mes pieds quand je veux !sur ma côte ! :)
J'ai donc démarré par une visite, celle de l'île Marguerite : un endroit vraiment sympa, réservé aux promeneurs. Certains vont même jusqu'à se baigner dans le Danube ! Puis je suis remonté vers la Place des Héros et le Parc Varosliget. Il y a là un château qui fait penser aux histoires des contes de Grimm. Un plan d'eau qui, semble-t-il, l'hiver venu, se transforme en patinoire naturelle géante.
Toujours dans cette zone, l'avenue Andrassy : un peu les Champs-Elysées Hongrois. Une avenue avec ses bijouteries, ses bars et restaurants tendances, ses grands arbres. Très sympa.
Vous préférez grimper ? Alors Buda est pour vous. Au bout de Chain Bridge, vous vous retrouvez face au château. Et là, deux solutions : vous prenez votre courage à deux pieds et montez les quelques centaines de marches pour vous y rendre (ce que j'ai fait). Ou vous faites la queue pour emprunter le funiculaire. Dans tous les cas, vous serez récompensé. De là-haut vous profiterez d'une vie splendide sur le Danube et la ville (partie Pest). En continuant un peu vous pourrez au choix : atteindre le Bastion des Pêcheurs et l'église Matthias ou à l'opposé repartir pour d'autres escaliers afin de découvrir la Statue de la Liberté Hongroise. Là aussi, vous aurez une superbe vue sur la ville et le fleuve.

Ce que j'ai aimé à Budapest

J'ai bien aimé l'esprit plutôt zen de la ville. Et ces vieux trams sortis de nulle part : top ! Le métro est très bien aussi. On circule facilement partout en ville. L'architecture de certains monuments est magnifique. Ainsi, le Parlement, mais aussi le Château du Parc de Varosliget.
J'ai gouté le goulash : une soupe avec plein de trucs dedans : du mouton, du boeuf, des épices. Pas mal. La plupart des restaurants que j'ai fait étaient aussi très sympa. Un bar, le 360, sur l'avenue Andrassy, est carrément sur les toits : très tendance. L'île Marguerite est un petit havre de paix où des gens font du sport, s'amusent, chantent, dansent : très agréable et j'aurais dû amener un pique-nique et m'y poser.
Dernier truc : Budapest est clairement une ville d'expatriés. On y entend toutes les langues et c'est très plaisant. J'y ai même retrouvé deux amis français partis s'installer là-bas ! Et petite cerise sur le gâteau : il n'y a aucun décalage horaire avec la France.

Ce que j'ai moins aimé

En tant que visiteur, étranger, il y a des trucs qui m'ont quand même pas mal dérangé. Pour commencer, les chauffeurs de taxi. Ils ne sont ni aimables, ni sympas. Je ne sais pas si c'est le cas avec la population hongroise. Mais clairement, en tant que touriste, j'ai plutôt eu l'impression d'être une vache à lait. On vous prend, on vous charge, vous payez, merci et au revoir. Et encore : ils ne vous aime pas du tout si vous réglez par CB : "Cash is better" m'a même prévenu un des chauffeurs. Ils roulent comme des fous, se croient prioritaires partout : bref, je ne me suis pas senti particulièrement en sécurité dans ce mode de transport. J'ai presque envie de dire : si vous pouvez éviter de prendre le taxi, c'est pas plus mal.
Budapest est une ville de 2 millions d'habitants pour une population totale de 10 millions de hongrois. Autant dire que, sorti de la capitale, il n'y a pas grand chose à faire. La preuve : la plupart des expatriés font à peu près tout sur place. Et sortent finalement très peu de la ville. Il y a bien un grand lac pas très loin, à environ 1h30 de route, mais mis à part ce lieu, vous ressentez clairement les conséquences du démantèlement de 1920. Au bout de 3 ou 4 jours, j'ai juste eu l'impression d'en avoir fait le tour et qu'il était temps de rentrer.
Pour tout vous dire, je n'ai pas eu de coup de foudre pour Budapest. Comme ça a pu être le cas de villes comme Londres ou Edimbourg. En revanche, c'est une ville qui séduit, qui reste attachante. Rapidement, on s'y sent bien. Il manque juste cette notion d'accueil : je ne sais pas si les hongrois ont le sens de l'hospitalité. Dans les 3 restaurants où je me suis rendu, je n'ai pas senti de franche "camaraderie" à mon égard : quand ils comprennent qu'on ne parle pas leur langue, ils parlent anglais. Ce qui est bien. Mais souvent un anglais rapide, sans faire trop d'effort (c'est mon ressenti). J'ai souvent dû faire répéter (pourtant je comprends plutôt pas mal).
Bref, c'est une ville à visiter. Si possible à deux car, le soir tombé, tout est propice à une balade romantique : avis aux amoureux qui cherchent une destination pas très loin et très agréable. Je ne sais pas si j'y reviendrai, mais si c'est le cas, ça sera avec plaisir.
Une galerie photos pour terminer : cliquez sur les images pour les afficher en grand !
Goulash
Goulash
Un vieux tram
Un vieux tram
La statue anonyme
La statue anonyme
L'église Saint Etienne
L'église Saint Etienne
Château du Parc Varosliget
Château du Parc Varosliget
Fontaine sur l'île Marguerite
Fontaine sur l'île Marguerite
Le Parlement Hongrois
Le Parlement Hongrois
Château (ou Palais) de Buda
Château (ou Palais) de Buda
Eglise Matthias
Eglise Matthias
Statue de la Liberté
Statue de la Liberté
Vue sur le Danube
Vue sur le Danube
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