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3 méthodes pour aider votre enfant à l'école

Trous de mémoire et horloge interne

Notre horloge interne peut-elle expliquer des mécanismes de mémorisation ?
Notre horloge interne peut-elle expliquer des mécanismes de mémorisation ?
Les trous de mémoire, vous connaissez ? Et ce mot au bout de la langue qui ne veut pas revenir ? Cette sensation de savoir mais de ne plus vous rappeler ? Et si tous ces phénomènes avaient un lien avec les cycles circadiens ? Votre horloge interne a-t-elle un rapport avec vos capacités de mémorisation ?
Il y a deux façons de "ne pas savoir" : soit vous ne savez pas parce que vous n'avez pas bien appris, soit parce que vous ne vous souvenez pas comment retrouver l'information.

Par exemple : vous rencontrez une personne, elle vous donne son prénom. Mais vous ne faites pas l'effort d'encoder convenablement cette information. Résultat, l'oubli est rapide et parfois définitif. Vous ne savez pas parce que vous n'avez pas engagé les processus d'apprentissage pour retrouver l'information plus tard.

Autre exemple : vous avez appris une leçon, une information et quelques jours plus tard vous ne savez plus. Vous savez que vous savez... Mais vous ne savez plus retrouver l'information. L'encodage a bien été fait, mais votre capacité de récupération est d'une certaine façon "altérée".

Dans ces deux exemples, il se pourrait que votre horloge biologique soit impliquée... Mais de ceux façons différentes.

Existe-t-il un moment pour les trous de mémoire ?

cycles circadiens

A propos du rythme circadien

Tout démarre avec une étude japonaise[1], dirigée par Satoshi Kida de l'Université de Tokyo, autour du rythme circadien : ce qu'on appelle l'horloge biologique. Ce sont des cycles de 24h00 qui permettent notamment de synchroniser les cycles de lumière avec les cycles du sommeil. Quand il fait jour, on a tendance à rester éveillé et quand il fait nuit, on est enclin au sommeil.

Dans une expérience, on donne quelques minutes à un groupe de souris pour trouver un objet et en prendre connaissance. Puis, dans un second temps, on réintroduit l'objet dans l'environnement de ces mêmes souris. Si elles le reconnaissent, elles ne s'y attardent pas. Si elles ne le reconnaissent pas, elles le redécouvrent : c'est de cette façon que les chercheurs mesurent la qualité du rappel et donc de la mémorisation. Or, pour une partie de ces souris, certaines avaient été manipulées pour désactiver le gène BMAL1, qui fluctue dans la journée : son taux est faible avant le réveil et élevé avant de se coucher.

Les souris déficientes en BMAL1 ont montré des difficultés supplémentaires à reconnaître l'objet 24h00 plus tard.

Où on reparle de l'hippocampe

Vous le savez, une des zones fondamentales de la mémoire, c'est l'hippocampe. Les scientifiques ont donc tracé l'activité de BMAL1 et ont découvert qu'elle agissait justement dans la région de l'hippocampe. Et de conclure qu'il existait une horloge biologique interne à l'hippocampe, responsable de la qualité de la récupération des souvenirs. La mémoire est influencée par les rythmes biologiques.

Qu'est-ce que ça signifie ?

Si vous n'êtes pas totalement réveillé, et donc que vous êtes déficient en BMAL1, il y a de grandes chances pour que :
  • vous ayez du mal à encoder l'information : vous ne pouvez pas bien apprendre et donc, à terme, ne pas savoir
  • vous ayez du mal à retrouver l'information et donc avoir cette désagréable sensation de ne plus savoir.

Respectez votre horloge biologique pour mieux mémoriser

Apprenez à respecter votre horloge biologique
Apprenez à respecter votre horloge biologique
Vous l'avez déjà vécu : après le repas, vous avez tendance à piquer du nez. Et bien souvent, vous accusez le déjeuner d'être à l'origine de cet état. La vérité, c'est que biologiquement parlant, il y a des moments où les rythmes de fatigue et somnolence sont à leur maximum : la nuit, évidemment, et vers 14h00.

Si un repas riche n'arrange en rien cette sensation de fatigue, sachez que la raison est d'abord physiologique. Avec ou sans festin, vous êtes sujet à cette somnolence tous les jours.

En revanche, nous sommes plutôt en éveil le soir vers 18h00 (et bien évidemment le matin). Moralité ? Il vaut mieux apprendre le matin ou le soir. Le début d'après-midi est certainement plus efficace si :
  • vous vous autorisez une sieste
  • vous pratiquez une activité physique

Et l'école dans tout ça ? Les formations ?

Je me souviens, quand j'étais élève...

Il y a des heures pour mieux apprendre
Il y a des heures pour mieux apprendre
Je comprends mieux pourquoi je galérais à l'école. Comme je rechignais à faire mes devoirs, apprendre mes leçons, je repoussais le plus loin possible ce moment pénible, vécu comme une véritable punition.

On peut dire ce qu'on veut des élèves, il n'empêche que leur vie n'est pas facile : en classe de 8h30 à 17h00, on leur demande d'en remettre une couche à la maison. Moi, mon truc c'était de repousser l'échéance : je me couchais tard pour tenter d'apprendre ou je me réveillais plus tôt pour le faire. Dans les deux cas, rien de bien positif au regard de cette étude qui montre qu'au réveil ou un peu avant nous sommes déficients en BMAL1.

Et le soir ? Pensez-vous qu'on puisse faire un effort cognitif quand le sommeil pointe son nez ? Relire, pourquoi pas, dans le but de consolider. Mais apprendre ? J'ai donc longtemps eu le sentiment d'avoir "une mémoire de poisson rouge" : ok, j'étais prêt le jour J, mais après... Pfiutt ! J'oubliais tout et il fallait tout recommencer.

Ce que j'ai appris en tant que formateur

Il y a des horaires à respecter pour mieux enseigner
Il y a des horaires à respecter pour mieux enseigner
Je passe mon temps aujourd'hui à informer, former, bref à faire passer des messages. Les formats sont différents : il y a les conférences qui durent environ 1h30, les journées de formation qui s'étalent sur une journée, les séminaires qui sont sur deux jours ou plus... Et les ateliers, sur des demi-journées.

Toujours est-il que, si vous aussi êtes formateur, formatrice, vous avez forcément ce même problème : comment conserver l'attention et l'énergie d'un groupe ?

Personnellement j'ai appris à concevoir mes interventions en respectant les codes du spectacle avec des temps forts et des temps faibles. Du storytelling. Des zones où je me déplace. Des moments d'échanges. J'enlève le plus souvent les tables. J'invite mes apprenants à être acteurs.

Après le déjeuner, on prépare l'après-midi et on commence par une marche pour découvrir la méthode des lieux. Les participants s'aèrent et d'une certaine façon se reposent. Certains choisissent une courte sieste. Et pourquoi pas ?
Si ces recherches ont d'abord pour vocation à trouver des traitements contre des maladies de type Alzheimer, rien ne nous empêche d'imaginer qu'un jour (qui sait ?) on profitera aussi de ces découvertes pour favoriser les apprentissages scolaires et de formation.

Le matin pourrait donc être le moment privilégié pour découvrir, prendre connaissance et encoder. L'après-midi serait consacré à un moment de pause puis de pratique : tout ce qui favorise le mouvement, l'échange. Le soir serait le moment idéal pour provoquer le rappel et la récupération.

Et vous savez quoi ? Je soupçonne certains d'entre vous de déjà procéder de cette façon intuitivement. Et si finalement la science n'était que du bon sens ?

Notes :

[1] www.nature.com/articles/s41467-019-13554-y#Sec11

Vos réactions (2)

s'il vous plaît en m'inscrivant au mémo camp, j'ai écris artisan avec un t à la fin, merci de l'effacer

par Hervé Audigou , il y a 7 mois

Quel dommage que l'école ne prend pas en compte ces données très intéressante et instructif,
Ça vient confirmer ma routine qui est d'apprendre et de travailler le matin.

par Nico , il y a 7 mois

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