Des souvenirs aux faux souvenirs

Christian Godefroy

Nourrissez votre mémoire avec... Yves Richez

Yves Richez
Yves Richez
Cette série "Nourrissez votre mémoire avec..." est en rapport avec tout un pan de l'art de la mémoire sur lequel je travaille : cette capacité que nous avons tous d'optimiser notre "structure neuronale" en apprenant de l'expérience des autres. Concrètement : en nourrissant votre mémoire d'idées, de points de vue, de parcours, vous faites marcher vos neurones miroirs : vous vous mettez à la place des autres et vivez leur vie. Belle façon d'apprendre non ? En bonus : vous développez réellement votre mémoire en intégrant des modes de pensée.
Yves Richez n'est pas n'importe quel ami. Frère de Christian Richez, j'ai rencontré Yves en 1998, lorsque j'ai écrit mon premier fascicule sur la mémoire. Il m'a alors encouragé à creuser le sujet pour en faire une conférence, une formation, un séminaire. Il m'a dit à l'époque : "tu verras, le jour où ça marchera, on te recommandera et ça se diffusera comme une traînée de poudre". 13 années ont passé et il faut bien reconnaître qu'il avait raison... Découvrez ici son interview, réalisée en 2005, quelques mois après la création de ce site :
Vincent DELOURMEL : Yves, bonjour, je te propose de commencer simplement : peux tu te présenter ? 
Yves RICHEZ : Je me prénomme Yves et le nom Richez. J'ai suivi le parcours laborieux de l'autodidaxie et vient de terminer, après avoir commencé il y a fort longtemps de cela par un CAP mécanique auto, un DESS en fonction d'accompagnement. Je viens de fêter mes 36 printemps (ndlr : interview réalisée en 2005), j'aime la mousse au chocolat, et bien que faisant un travail très sérieux, je regarde presque uniquement les films américains où ça « pète » de partout. Enfin, si j'étais un végétal, je serais l'osier, si j'étais un élément, je serais l'eau, si j'étais un animal, je serais, allez, je triche, un dauphin. Si j'étais un film, je serais « la Légende de Bagger Vance ». Si j'étais une qualité, je serais le Silence.
Vincent DELOURMEL : Tu as créé Success il y a quelques années maintenant : peux tu présenter ton entreprise et son orientation ? 
Yves RICHEZ : Success va bientôt avoir dix ans, ce cabinet est spécialisé dans trois grands domaines. L'ingénierie pédagogique (conception de documents de formation, réalisation et mise en œuvre de programme de formation sur mesure), l'accompagnement (le coaching, le tutorat, le conseil), et la formation (principalement les formations qui conduisent à optimiser la compétence et actualiser les potentiels de l'humain). A ce jour, nous avons deux grandes orientations dans la formation ; les formations liées à la compétence humaine, managériale mais aussi le Leadership. L'autre orientation touche les métiers de l'accompagnement, histoire de vie, pratique réflexive, développement du potentiel, préparation mentale, actualisation des compétences, etc.
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Vincent DELOURMEL : Quelle vision as tu de ton expérience sur toute cette période ? 
Yves RICHEZ : Voilà une question sacrément pertinente. Ma réponse sera des plus simples. Plus tu montes en expertise et plus tu dois être vigilant à l'arrogance (arogare, celui qui ne se pose plus de question) qui te guette. Au début je voulais prouver que j'avais des choses à dire¦ aujourd'hui, je cherche de moins en moins à parler. Avant je voulais démontrer et convaincre. Aujourd'hui je laisse souvent aux autres le dernier mot. Avant je voulais montrer que j'étais brillant, aujourd'hui, j'espère savoir rester dans l'apparente ignorance. Avant je voulais qu'on me reconnaisse, maintenant, je désire simplement être moi¦ Ma conclusion est donc la suivante. J'ai toujours écouté mon cœur, pendant longtemps il battait pour gagner, aujourd'hui, il bat pour aimer.
Vincent DELOURMEL : Tu as commencé comme intervenant, maintenant tu es Coach et Ecrivain. Comment s'est opérée cette évolution ?

Yves RICHEZ : Je pense que j'ai toujours été "coach" - permet moi de choisir le terme de chercheur d'or “ sourire “ J'ai toujours suivi mon intuition, ma vocation (vocare “ l'appel intérieur). Je n'ai jamais négocié mes valeurs, quitte à être pris pour un utopiste, un naif, un pauvre garçon. Je crois que lorsque ton cœur bat pour quelque chose de juste, lorsque tu écoutes cette force qui te pousse en avant, alors tu deviens ce que tu dois être. Tu deviens parce que c'est ainsi que cela doit se faire.

Le métier de "coach", c'est une identification sociale. Mais de toi à moi, je me sens tellement plus Chercheur d'Or¦ quant à l'écrivain. Je pense que l'écriture est un formidable cadeau pour nous, humains. Ecrire, est, je pense, une immense preuve de générosité. Tu offres au plus grand nombre tes cadeaux de vie “ entends, tes enseignements, tes savoirs, ton expérience. Je me suis mis à aimer l'écriture il y a dix ans, quand j'écoutais J.J. Goldman. J'aimais ses textes (toujours aujourd'hui) et je voyais comment il touchait le monde. Je me suis rendu compte que si tu voulais contribuer à faire évoluer l'Humanité “ et oui, rien que ça, sourire “ et bien il fallait écrire des paroles qui touchent le cœur. Voilà !

Vincent DELOURMEL : Comment devient on Coach ? Quelles sont les qualités pour le devenir ?

Yves RICHEZ : Je pense que l'on ne devient pas coach, on est coach parce que nous avons su aller jusqu'au bout de nous dans la vie, parce que nous aimons l'autre de manière inconditionnelle ; entends par là , que nous n'attendons pas de gratifications parce que l'autre réussi, parce que nous savons nous retirer lorsque le moment arrive et sans rien demander. Je pense que les qualités pour l'être, ou pour actualiser ce potentiel en nous sont : l'Amour inconditionnel de l'espèce Humaine, l'empathie, l'Humilité, l'ouverture d'esprit (ref. Léonard de Vinci “ les sept principes léonardien). Il y a aussi l'Ecoute, la vraie, celle ou nous sommes capable de garder notre esprit aussi silencieux que le ciel sans nuage. Je pense, enfin, qu'être coach, c'est être généreux et bienveillant.

Vincent DELOURMEL : Les lecteurs de cette interview sont intéressés, d'une manière générale, par tout ce qui touche au développement personnel. Quels conseils tu leur donnerais ? Vers quoi se diriger parmi toutes les "techniques" et "courants" proposés ?

Yves RICHEZ : D'abord, j'attirerais leur attention sur la vigilance. PERSONNE NE PEUT SAVOIR POUR NOUS !!! Nos choix nous appartiennent, je pense qu'il faut écouter notre voix intérieure, il est important de nous faire confiance (confidencia “ assuré et sûr de ses forces).

J'invite ensuite à se cultiver, Marc Aurèle, Dale Carnegie, Daniel Goleman, Howard Gardner, Yannick Noah, Confucius, Dan Millman etc.. Tu vois, il est important de s'ouvrir à ceux qui traversent le temps et les époques. Il faut, me semble-t-il éviter de rester dans un seul courant de pensée. La pensée unique est dangereuse, elle enferme l'esprit dans le dogmatisme¦ Si quelqu'un affirme connaître la Vérité, alors fuyez-le.

Maintenant, je conseillerais quelques fondamentaux. Apprenez à respirer, vous marcherez sur le sable sans y laisser de trace, apprenez à assouplir votre corps, vous traverserez les épreuves sans vous briser, renforcez votre structure musculaire, vous serez fort dans votre propos. Traduisez ainsi, respirer, c'est accepter le mouvement avec les autres, la souplesse, c'est accepter que l'autre peut savoir ce que je ne sais pas et le remercier, même si mon ego est blessé, quant à la structure, comprenez la culture générale. Apprenez le sens des mots, soyez curieux sur ce que vous voyez, prenez des notes, faites des croquis, intéressez-vous à ceux qui vous semblent moins intelligents que vous, ils en savent certainement bien plus que vous ne pourriez l'imaginez sur tellement de domaines.

Vincent DELOURMEL : Tu as plusieurs messages récurrents. Tu es sensible au "leadership", à la notion de réussite... Imagine, tu as une personne qui aimerait réussir dans son domaine et qui aimerait savoir comment s'y prendre. En tant que coach, qu'est ce que tu lui dirais ?

Yves RICHEZ : En fait, je lui poserais les questions suivantes :
1. Quel est ton rêve dans la vie ?
2. A qui sert ton rêve ?
3. Qu'es-tu prêt à perdre pour que ce dernier se réalise ?
4. Es-tu prêt à réussir sans perdre ta simplicité d'aujourd'hui ?
5. Que feras-tu de ta réussite ?
6. Que feras-tu après ta réussite ?

Vincent DELOURMEL : Tu viens de sortir "Louis du Vieux Continent" aux éditions Ambre. C'est un vieux rêve qui se réalise. Peux tu raconter aux lecteurs dans quelles conditions tu t'es retrouvé édité dans cette collection (qui te tenait à coeur) ?

Yves RICHEZ : Quand j'ai fini d'écrire Louis, je voulais vraiment être dans cette collection. Je la trouvais qualitative, mais surtout, j'avais lu plusieurs ouvrages des perles de l'à‚me et franchement, voir Louis chez Ambre, c'était un beau cadeau.

Je me souviens, j'ai envoyé douze exemplaires du manuscrit, qui s'appelait alors "Le Chercheur d'Or" dans diverses maisons d'édition. Cinq ont répondu par la négative, six n'ont rien répondu.

C'est en janvier 2004, à la mi-janvier que j'entends sonner à ma porte¦ Je me souviens, je travaillais sur mon portable. Je me lève et le gardien me donne en souriant un courrier. Après l'avoir remercié, je le regarde et vois la provenance “ Ambre. Je reste un instant immobile¦ Puis retourne travailler sans ouvrir la lettre. En fait, je redoutais un refus¦ alors je reculais l'échéance. Puis au bout de quelques minutes, je regarde à nouveau la l'enveloppe posée à côté de moi, la prends dans mes mains¦ puis prenant ma respiration, je l'ouvre. Je sors le courrier que je commence à lire : "Cher Monsieur Richez¦ nous avons lu avec intérêt votre manuscrit [¦] » et puis je repose la lettre sans terminer. En fait, tous les courriers commencent comme cela et finissent par « Malgré tout l'intérêt que votre écrit comporte, nous sommes au regret¦ etc." . Ainsi, je me remets à travailler, tristement et, il est vrai, déçu.

Puis, au bout de quelques instants, je m'arrête car un détail m'avait échappé¦ Il y avait plusieurs feuilles. En général, il n'y a qu'un courrier. Juste pour dire "non !". Aussi, je reprends la lettre et là , je lis "nous avons le plaisir de vous dire que "Le Chercheur d'Or" trouve sa place dans notre collection les Perles de l'âme" ( à peu près cela en tout cas). Et là , cri de joie, sauts dans toute la pièce, seul en pleine journée. Les voisins d'en face ont du me prendre pour un fou ce jour-là, mais quel moment fantastique. Après, et bien j'ai pleuré de joie, mais, chut, "un homme cela ne pleure pas, n'est-ce pas ?"

Vincent DELOURMEL : Peux tu nous parler du "Chercheur D'Or" ?

Yves RICHEZ : Non ! il faut le découvrir. Je peux juste dire qu'il m'a beaucoup enseigné. Bien plus que je ne l'aurais cru “ sourire -

Vincent DELOURMEL : Quels sont tes projets à venir ?

Yves RICHEZ : Vivre, cultiver l'art du bonheur. Ecrire, faire ma recherche doctorale le mieux possible, et puis¦ ça c'est l'un de mes grands désir. Porter "Louis du Vieux Continent "au cinéma. Je l'ai déjà vu mille fois en image. J'aimerais que certains réalisateurs l'adaptent : Robert Redford, Jean Jacques Annaud, mais aussi Disney ou Dreamworks. Si il était adapté en film, j'aimerais que ce soit Sean Connery qui soit le Chercheur d'Or et Louis, et bien je le garde pour moi. Pour la bande musicale je serais comblé si c'était Hans Zimmer.

Vous me trouvez fou ? Vous avez raison, mais sans cette part de Folie, les rêves ne se réalisent pas.

Vincent DELOURMEL : Le petit mot de la fin... Aurais tu un secret à partager avec tout le monde ?

Yves RICHEZ : "l'imaginaire est plus important que le savoir, car si le savoir concerne ce qui existe, l'imaginaire consiste ce qui existera". Albert Einstein.

Merci Yves !
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